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Grâce à ses laboratoires en Mécatronique, Signal et Systèmes, en Mécanique, Énergétique et Aérodynamique ainsi qu'en Astronomie et Astrophysique, la recherche au sein de l'IPSA ne cesse de se développer en synergie avec les mondes académique et industriel. Karim Trabelsi, directeur délégué à la recherche, Rémi Bertossi, enseignant-chercheur spécialisé en énergie et thermique, et Juan Antonio Escareno, enseignant-chercheur spécialiste des drones, reviennent sur les atouts de la recherche IPSAlienne.

   

Déclinée en 3 axes (Mécatronique, Signal et Systèmes ; Mécanique, Energétique et Aérodynamique ; Astronomie et Astrophysique), la recherche occupe une place toujours plus importante au sein de l'IPSA. Karim Trabelsi, son directeur, revient sur les grands chantiers qui attendent son équipe ainsi que les partenariats actés et ceux à venir.

recherche2.jpgQuels sont les projets sur lesquels travaille la recherche de l'IPSA ?
Aujourd'hui, nous avons l'ambition de rassembler les chercheurs autour de la mécatronique même si chacun d'entre eux pourra poursuivre ses travaux d'origine. Notre équipe se compose actuellement de deux « chercheurs mécatroniciens », d'une électronicienne, d'un optimiseur orienté image, d'un autre orienté mécanique des structures et d'un énergéticien capables d'interagir en mécatronique : cela nous permet donc de couvrir à peu près toutes les disciplines dispensées à l'IPSA tout en rassemblant l'équipe autour d'un domaine privilégié.

Pourquoi se focaliser davantage sur la mécatronique ?
Nous faisons le pari de miser sur la mécatronique avec la thématique des drones, un sujet qui connait un intérêt mondial pour ses nombreuses applications pratiques futures et promet d'être une révolution sans précédent à laquelle nous avons l'intention de participer ! De plus, l'activité des drones est aisément adaptable à des fins pédagogiques.

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Outre le pari de la mécatronique, l'IPSA a officialisé cette année un partenariat avec l'Institut P' : en quoi consiste-t-il ?
L'Institut P' est un institut de recherche mondialement reconnu et spécialisé en matériaux, mécanique et énergétique avec applications privilégiées aux transports et à l'énergie, en apportant une attention particulière aux aspects environnementaux. Le contrat de collaboration de recherche entre l'IPSA et cet institut concerne l'encadrement d'une thèse réalisée en cotutelle sur les « mécanismes de transferts thermiques par choc entre les molécules d'un gaz et les atomes d'un solide ». Pour illustrer de manière très domestique ce sujet de recherche, on pourra dire que l'on s'intéresse à ce qui se passe dans la bouilloire entre l'eau et la paroi au moment où l'eau boue ; nous avons tous remarqué la présence de gaz entre l'eau et la paroi, c'est une des manifestations du phénomène que la thèse cherchera à élucider.

Quels sont les autres partenariats actuels concernant la recherche à l'IPSA ?
En plus de celui avec l'Institut P', nous avons deux autres partenariats concernant des thèses en cotutelle : un avec le Centre de Mathématiques Appliquées de l'Ecole Polytechnique (CMAP) autour de « l'Optimisation de Forme avec Applications Aéronautiques » et un autre avec le Laboratoire des signaux et systèmes du CNRS / Supelec (L2S), qui est historique car ce partenariat a abouti à la première thèse ipsalienne. En effet, Jing Wang a soutenu sa thèse intitulée « Analyse et commande sans modèle de quadrotors avec comparaisons » au mois de novembre 2013. Cette collaboration prévoit d'ailleurs l'initialisation d'une nouvelle thèse en cotutelle à partir de la rentrée prochaine 2014.
Au-delà des partenariats officialisés par des contrats, nos chercheurs collaborent avec d'autres chercheurs appartenant à des laboratoires prestigieux comme le Centre de mathématiques et de leurs applications (CMLA) de l'ENS Cachan, l'Université de Californie (UCLA), le Laboratoire d'informatique de Paris 6 (LIP6), le Centre de Recherche en Automatique de Nancy (CRAN), la City University Hong Kong, l'Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides (IMCCE), le Laboratoire des Ecoulements Géophysiques et Industriels (LEGI) de l'Université de Grenoble, ou encore l'Observatoire de Paris (OBSPM).

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De nouveaux partenariats sont-ils à prévoir ?
Oui, notamment des partenariats industriels autour des drones. Ces nouvelles collaborations se feront notamment avec l'Université Technologique de Compiègne (UTC), l'Institut Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique - Sciences et Technologies (FEMTO-ST) et la société Photocoptère. Ces travaux auront pour objectif de réaliser une cartographie précise de la qualité de l'air grâce aux drones. Toujours dans cette perspective, nous accueillerons bientôt des étudiants stagiaires en provenance de Mexico en collaboration avec le Laboratoire de Robotique et Mécatronique du Centre de Recherche en Informatique de l'Institut Polytechnique National du Mexique. Cette collaboration est très prometteuse.

Quelles sont les qualités à avoir pour devenir un bon chercheur à l'IPSA ?
Au vu de la taille de l'équipe aujourd'hui, du nombre de partenariats qu'elle porte sur ses épaules et de l'étendue des disciplines couvertes par l'IPSA, nous privilégions les profils très autonomes. Ensuite, il est évident qu'un bon chercheur est un individu curieux en général et passionné par certains sujets en particulier. Cette passion se traduira par la formulation de questions pertinentes auxquelles il cherchera les réponses qui prendront la forme d'innovations dans certains secteurs, de solutions à des problèmes d'ordre théorique ou pratique, ou encore de modélisations de certains phénomènes qui en permettront la simulation numérique. Le travail de recherche est une formation perpétuelle qui exige de la patience et l'ouverture au travail en équipe. Bien sûr, sans la rigueur scientifique et l'honnêteté intellectuelle, cet exercice ne fait pas sens.


La recherche, un atout de plus pour les étudiants de l'IPSA
En plus de participer à la renommée nationale et internationale de l'école et de permettre la mise en place de nouveaux partenariats, l'avancée de la recherche à l'IPSA profite directement aux Ipsaliens de par l'évolution de l'enseignement et les domaines abordés. La recherche permet enfin d'éveiller des vocations et d'apporter une expertise supplémentaire.

   

Dans le cadre de Perseus, le partenariat engagé par le Centre national d'études spatiales (Cnes) et des écoles d'ingénieurs (ainsi que des lycées techniques) pour faire travailler des étudiants sur des projets réels de lanceurs, Antoine Bianchi (IPSA promo 2015) met au point des matériaux composites pour le lanceur supersonique Sera. Le magazine online Futura-Sciences lui a récemment consacré un article.

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Antoine au travail sur un passe-câble en carbone © Antoine Bianchi

Faire travailler des étudiants sur les lanceurs de demain : c'est l'idée du Cnes (Centre national d'études spatiales) lancée en 2005 au salon aéronautique du Bourget. Elle est devenue Perseus, pour Projet étudiant de recherche spatiale européen universitaire et scientifique. Le premier objectif est pédagogique, pour susciter des carrières dans le domaine de l'espace chez les futurs ingénieurs. Mais il est aussi pratique, car il s'agit de plancher sur de véritables innovations et même de réaliser une série de démonstrateurs pour un futur système de lancement capable de mettre en orbite des nanosatellites (de dix kilogrammes au maximum).

Antoine Bianchi a ainsi intégré l'équipe du laboratoire de mécatronique de l'IPSA. Passionné d'aéronautique, il s'intéresse particulièrement aux modèles réduits, « de planeurs de voltige ». Un domaine déjà pointu où la précision de la réalisation est essentielle. « Mais d'abord, je suis passionné par la technique », ajoute celui qui est devenu assistant, dans le cadre de son PIR (projet industriel de recherche), de Sylvain Pernon, responsable du laboratoire et du « macroprojet » ARES, qui consiste à réaliser une gamme de fusées modulaires aptes à servir de banc d'essai pour de multiples tests. Au sein de ce programme, les équipes travaillent aujourd'hui sur une version supersonique, Sera (Supersonic European Rocket Ares). Le démonstrateur Sera-1, monoétage, sera lancé sur la base d'Esrange (European Space Range) en Suède, au cours du mois de mai, et le prochain, Sera-2, aura deux étages.

Retrouvez l'article complet de Jean-Luc Goudet sur le site de Futura-Sciences

   

Rémi Bertossi est enseignant-chercheur à l'IPSA depuis l'été 2013. Ses cours et ses travaux portent principalement sur l'énergie et la thermique.

RBertossi_color.jpgParlez-nous de votre parcours.
Je suis originaire d'Agen (Lot-et-Garonne). J'ai suivi mes classes préparatoires à Bordeaux, puis j'ai intégré l'ENSMA de Poitiers en 2003. Parallèlement, j'ai passé une licence de mécanique et un master en Energétique, à l'Université de Poitiers. J'ai été diplômé en 2006. Par la suite, j'ai réalisé ma thèse à l'Institut P' de Poitiers (anciennement Laboratoire d'Etudes Thermiques) jusqu'en 2009. J'ai enchaîné par deux contrats d'Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER) au sein de l'Institut P'. J'ai enseigné en école d'ingénieurs et à l'IUT de Poitiers, jusqu'en septembre 2011. J'ai effectué ensuite un post-doctorat au Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) de Grenoble, puis je suis arrivé à l'IPSA en août 2013.

Sur quoi portait votre thèse ?
Lors de ma thèse, je me suis intéressé à la technologie des caloducs. Ce sont des dispositifs permettant de transporter de la chaleur en quantité importante pour de petites différences de températures. Ces technologies sont particulières puisqu'elles utilisent un processus de changement de phase liquide / vapeur. Elles sont particulièrement utilisées dans les secteurs de pointe comme l'aérospatial par exemple afin de refroidir la technologie embarquée au sein des satellites (équipements électroniques...). Il s'agissait d'un travail essentiellement numérique, de codage informatique.

enseignant_chercheur_labo.jpgEn quoi consiste votre travail de recherche à l'IPSA ?
Mon travail de recherche a deux aspects. Le premier correspond aux travaux que je développe avec Taissir Kasraoui (doctorante), en collaboration avec l'institut P' : une modélisation des échanges de chaleur entre particules de gaz et paroi solide à l'intérieur des chambres de combustion. Nous sommes en charge de comprendre ce qui se passe à l'interface, lorsque les particules de gaz solide arrivent sur la paroi. Quelle déformation va connaître la paroi ? Comment le transfert d'énergie est-il réalisé ? Nous allons réaliser plusieurs modélisations, afin de comprendre ces transferts de chaleur.
La deuxième partie concerne la même thématique que celle développée pendant ma thèse et porte sur une technologie particulière de caloduc. Le travail est essentiellement numérique et s'appuie sur un nouveau logiciel. Dans les caloducs, il y a une phase liquide et une phase vapeur. Dans ce projet, nous nous intéressons essentiellement à ce qu'il se passe dans la phase vapeur, dans un caloduc soumis à des accélérations centrifuges. Sous l'effet de la rotation du caloduc autour de son axe, on assiste à une accélération du fluide à l'intérieur. Nous cherchons à comprendre les phénomènes en jeu et comment les modéliser correctement.

Quels cours enseignez-vous ?
J'interviens auprès des 3e années pour les TD de transferts thermiques. Et je viens de débuter l'enseignement pour les 4e années de l'option EP (énergie et propulsion), d'un nouveau cours « Energétique et Développement durable », pour la première fois au programme de l'école. Ce cours s'intéresse aux problématiques des nouveaux modes de consommation, dans un souci de développement durable. Je suis aussi co-responsable de l'option EP.

   

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Juan Antonio Escareno a rejoint l'IPSA en octobre 2013. Il débutera ses enseignements en janvier 2014. Il fait partie du laboratoire Mécatronique, Signal et Systèmes et développe, entre autres, des projets autour des drones.

Quel est votre parcours?
Je suis diplômé du Instituto Tecnologico de la Laguna (Nord du Mexique) où j'ai obtenu un diplôme d'ingénieur en électronique (2000) et un Master Science (M.Sc.) en Electrical Engineering (2003). J'ai effectué un doctorat en automatique appliquée à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC). De 2008 à 2010, j'ai occupé le poste de chercheur post-doctorant dans l'Unité Mixte Internationale du CNRS à Mexico, un laboratoire franco-mexicain international fondé par le CNRS, CINESTAV et CONACYT. J'ai également travaillé sur des projets de recherche en tant que chercheur contractuel du CNRS à l'UTC, ainsi que pour le Commissariat de l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et dans le département Automatique du laboratoire de Systèmes Micro-Mécatroniques du Franche-Comté Electronique Mécanique Thermique et Optique - Sciences et Technologies (FEMTO-ST). Depuis le 1er octobre 2013, je suis enseignant-chercheur à l'IPSA.

Quels sont vos axes de recherche?
Mes axes de recherche principaux portent sur la conception, modélisation et commande de drones miniatures. Récemment, j'ai travaillé sur le développement d'un véhicule qui combine la mobilité en trois dimensions des drones et les avantages des robots manipulateurs. Le but est de créer un drone hybride, capable d'attraper et de tenir des objets. Je m'intéresse également à différentes approches concernant la navigation robuste des drones. J'ai été également chargé de développer des projets sur les véhicules sous-marins autonomes et les drones convertibles. Une autre partie de mes recherches traite de la micro-robotique, dans le cadre du projet «Micromanipulation à Haute Cadence», projet en collaboration avec la société Percipio Robotics.

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Quels sont vos projets à venir?
Actuellement, je travaille au développement de collaborations avec l'industrie au sein du laboratoire Mécatronique, Signal et Systèmes de l'IPSA. Une de ces collaborations porte sur le développement des applications environnementales (évaluation de la qualité de l'air, détection et suivi de fumée) en utilisant différentes configuration des drones. On a prévu des réunions avec la société Photocoptère pour explorer une collaboration sur la modélisation et commande des drones. Je me prépare aussi à commencer l'enseignement des matières de commandes non-linéaires et de la représentation d'état des systèmes linéaires (AU43 et AU58) dès le 7 janvier 2014.

   

Cet été, une dizaine d'étudiants de l'IPSA se sont rendus à Biscarosse (Landes) pour participer à l'évènement C'Space, organisé par le Centre national d'études spatiales (Cnes) et l'association Planète Sciences. A cette occasion, ils ont pu lancer plusieurs appareils. Retour sur l'évènement avec Sylvain Pernon (Epitech promotion 2005), professeur d'informatique et de mécatronique à l'IPSA et encadrant de ce projet mené en collaboration avec l'association AéroIPSA.

cspace2013_01.JPGUne partie des IPSAliens participant au C'Space 2013

Pourquoi les étudiants de l'IPSA ont-ils été amenés à participer à l'édition 2013 de C'Space ?

C'Space est une initiative née de la collaboration entre le Cnes et Planète Sciences. Chaque année, elle accueille plusieurs centaines d'étudiants venus tester et lancer des fusées depuis le centre DGA-EM. J'ai donc proposé à l'association de fusées de l'école AéroIPSA de participer à l'expérience.

Les étudiants ont pu participer à la manifestation dans deux catégories :

  • Mini-fusées : il s'agit de petites fusées d'environ un kilo pour 40 à 50 centimètres de hauteur. Ce sont des appareils simples, idéaux pour une première notion de la conception et du vol des fusées. Les étudiants de première, deuxième ou troisième année peuvent se faire la main dessus.
  • Fusées expérimentales : les volumes sont plus importants (entre dix et quinze kilos) de même que les hauteurs atteintes (entre un et trois kilomètres de hauteur). Elles demandent un travail et des études beaucoup plus poussés. Le projet Big MACH proposé par l'école entrait dans cette catégorie. Des étudiants de quatrième année ont été mobilisés dessus dans le cadre de leur projet d'innovation et de recherche (PIR).

Comment la conception fusée entre-t-elle dans le cadre de la formation proposée par l'école ?

L'intérêt de ce type de projets, c'est qu'ils sont pluridisciplinaires. A l'instar de la robotique, la conception fusée fait appel à la mécanique (fuselage), à l'électronique (système d'allumage), à l'aérodynamique (mécanique des fluides, stabilité, résistance...) et à l'esprit de recherche des étudiants (mesures d'altitude, de vitesse...).

Du fait des différentes catégories, toutes les promotions peuvent être concernées et mettre en application les différentes connaissances théoriques et compétences qu'ils auront acquis lors de leur cursus. Nous leur mettons également à disposition le matériel et les infrastructures de l'école ainsi que l'appui des professeurs et intervenants pour les conseiller.

cspace2013_02.JPGLancement de Big MACH

L'expérience sera-t-elle répétée l'année prochaine ?

Avec la reprise d'activités d'AéroIPSA à la rentrée, nous avons déjà décidé que nous présenterions de nouveaux projets pour le C'Space 2014. Nous allons poursuivre ce que nous avons commencé avec Big MACH, avec pour objectif de lancer une fusée supersonique (Supe Big MACH). Nous envisageons également de lancer une fusée expérimentale supplémentaire qui larguera un drone en altitude.

Enfin, je participe au projet Ares dans le cadre de Perseus, qui travaille au lancement d'une fusée expérimentale modulaire. Je vais essayer d'y faire participer des étudiants de l'école.
Si vous souhaitez rejoindre cette aventure passionnante, n'hésitez pas à contacter AéroIPSA ou à venir me voir dans le laboratoire de mécatronique de l'école.

   

moteurdavion.jpgLe 22 novembre dernier, Renaud Mercier (IPSA 2010) a tenu à l'IPSA une conférence sur la combustion dans les moteurs aéronautiques et spatiaux.
 
Au cours de cette conférence, Renaud Mercier (IPSA promo 2010) actuellement ingénieur doctorant à l'Ecole Centrale de Paris dans le domaine des moteurs, a souligné les enjeux de la combustion dans le secteur aéronautique et spatial et l'intérêt nouveau des industriels pour la simulation numérique des fluides comme conception des moteurs.
 
La combustion a de l'avenir

Le conférencier a tout d'abord rappelé l'importance et la place de la combustion dans les processus de production d'énergie utilisés par l'homme. "On estime à 85 % la part globale de la combustion dans la production d'énergie mondiale", a affirmé Renaud Mercier. Au-delà de ces dispositifs, une majeure partie des moyens de propulsion effectivement utilisés aujourd'hui utilise la combustion comme source d'énergie.
 
A cela s'ajoute la problématique de la préservation de l'environnement et l'économie des ressources fossiles - qui ne semblent pas inépuisables. Une première solution proposée-  la plus facile mais certainement pas la plus simple - serait de diminuer la part de la combustion dans le bilan énergétique globale. "Mais ce n'est pas pour demain... a précisé Renaud Mercier. Une autre solution serait la densité d'énergie, notion-clé trop souvent oubliée." L'intervenant a ensuite insisté sur le fait que la combustion constitue un formidable réservoir d'énergie, facilement embarquable et donc avantageux pour les secteurs aéronautiques et spatiaux.
 
Concevoir, c'est prédire

Un moteur thermique, vu sous un angle fonctionnel, permet de convertir l'énergie chimique d'un comburant (ndlr : corps chimique permettant la combustion d'un combustible) et d'un combustible via leur combustion. Cette énergie est ensuite convertie en énergie mécanique permettant le déplacement d'une fusée, d'un avion ou d'une voiture par exemple.
 
Les important changements dans les stratégies de développement, de conception et de mise au point des moteurs automobiles, aéronautiques voire spatiaux, orientent le monde industriel vers le domaine de la simulation numérique des fluides comme méthode de conception. "La raison principale de cet intérêt provient de l'augmentation très importante des capacités de calculs et de stockage", a expliqué Renaud Mercier.
 
La simulation numérique des fluides réactifs permet notamment de prédire la répartition spatiale de la température, de la dynamique de flamme (ndlr : manière dont la flamme se meut au cours du temps) ainsi que de la production de polluants - le rendement d'une chambre de combustion étant extrêmement élevé. « C'est sur ce dernier sujet que la prédiction par la simulation des mécanismes physiques de la combustion prend toute son importance », a affirmé le doctorant.
 

   

Une Ipsalienne dans les étoiles

Posté en septembre 2011

Emilie Marchese (IPSA promo 2011) réalise son stage de fin d'études à l'Observatoire de la Côte d'Azur. Interview.

Pourquoi avoir effectué ton stage de fin d'études dans la recherche ?

Je ne m'attendais pas à effectuer un stage de fin d'étude dans la recherche. Cela me semblait inaccessible et éloigné de mon cursus. Et pourtant, un stage de trois mois à l'Observatoire de la Côte d'Azur (OCA) l'année dernière m'a donné envie de découvrir une technique qui ne m'était pas familière : l'interférométrie (Ndlr : méthode de mesure qui exploite les interférences intervenant entre plusieurs ondes cohérentes entre elles).

J'ai donc choisi d'effectuer mon stage de fin d'étude à l'OCA au sein du laboratoire Fizeau, l'une des quatre unités mixtes de recherche dont l'étude porte sur l'astrophysique et les sciences de la Terre. J'ai l'intention de travailler ensuite sur des systèmes embarqués et du développement logiciel. Un stage dans la recherche me portant à travailler sur le développement d'outils de modélisation constituait une belle opportunité avec une vraie valeur ajoutée.

2observations_schaumasse.jpgDurant une nuit d'observations (Coupole Schaumasse - Mont Gros)  

En quoi consiste ton travail exactement ?

Le sujet de mon stage concerne l'étude des disques protoplanétaires entourant les étoiles jeunes. Actuellement, seule la technique d'interférométrie infrarouge permet d'étudier les régions internes de ces disques, régions où la formation planétaire est supposée prendre place. Cette technique consiste à combiner simultanément les faisceaux de plusieurs télescopes de manière à atteindre un pouvoir de résolution supérieur à celui des télescopes considérés individuellement.

Le laboratoire Fizeau conçoit actuellement l'instrument Matisse qui rendra possible de combiner jusqu'à quatre des télescopes de l'observatoire du Very Large Telescope (VLT) au Chili. Les observations interférométriques et leur interprétation permettront de mieux comprendre les conditions ainsi que les mécanismes par lesquels se forment les systèmes planétaires.

L'objectif de mon stage est d'établir la modélisation de ces systèmes en utilisant des formes géométriques simples. La confrontation des données issues des observations et du modèle établi a pour but de déterminer les paramètres géométriques et astrophysiques de l'anneau de poussière entourant l'étoile jeune. Définir au préalable certains paramètres astrophysiques permettra l'optimisation de l'instrument MATISSE.

2grande_lunette.jpgLa grande lunette située dans la coupole Bischoffsheim (Mont Gros)

Que t'apprend ce passage par la recherche en astrophysique ?

Evoluer dans le milieu de la recherche permet de collaborer avec des astronomes et ingénieurs de recherche basés dans plusieurs pays européens. Mon maître de stage et mon co-tuteur sont présents tous les jours dans l'avancement de mon travail. Grâce à un encadrement de qualité, j'ai pu rapidement me mettre à niveau sur les notions indispensables pour réaliser la mission qui m'a été confiée. Ce travail de recherche est lié intimement au travail de l'entreprise lorsqu'il s'agit de l'élaboration des instruments de haute technologie.

J'attendais de ce stage qu'il m'éclaire sur la technique de l'interférométrie et c'est réussi. Lorsque l'on étudie, on a souvent l'impression que l'on n'aura jamais l'occasion d'appliquer nos formules mathématiques et physiques. Ce stage m'a démontré le contraire car j'ai besoin de mettre en application les notions apprises au cours des cinq ans à l'IPSA. Cette expérience est également un excellent moyen de m'exprimer devant un auditoire expérimenté. J'ai ainsi eu l'occasion d'effectuer une présentation sur mon sujet d'étude.

Enfin, j'ai la chance que mon stage ait une dimension internationale : nous nous exprimons la plupart du temps en anglais du fait des chercheurs venant du monde entier. J'ai aussi le bonheur de m'exprimer en italien avec mes tuteurs de l'année précédente.

2Jupiter.jpg Jupiter (observée avec le télescope de la coupole Schaumasse)

   

Les échanges entre IPSA et l’université Nationale de Chang Kung (NCKU) à Taïwan se sont intensifiés et ouvrent de nouvelles perpsectives aux Ipsaliens.

Depuis 2006, des étudiants de l’IPSA partent chaque année à Taïwan pour y effectuer des stages dans les laboratoires de recherche du département aéronautique de l’Université Nationale de Cheng Kung (NCKU). NCKU se targue d’être « la meilleure université d’ingénierie en Asie », avec le 1er rang universitaire de coopération entre l’académie et l’industrie qui sanctionne sa contribution, la plus significative, au développement de l’industrie de Taïwan. Elle est classée 41e école d’ingénierie parmi des universités mondiales en qualité de publications des recherches scientifiques.

NCKU University.JPGDepuis 2009, grâce aux bonnes relations développées lors de ces stages, 5 Ipsaliens ont chaque année la possibilité d’effectuer un projet de recherche pendant 12 mois dans les laboratoires de l’université à la fin de leurs études et obtenir le Master in Aerospace and Engineering (MSc). Les retours des étudiants ayant fait leur stage ou leur projet de recherche à Taïwan laissent augurer du meilleur pour les prochains. Mathieu Poupardin, ancien stagiaire et étudiant en ING2, n’hésite pas à faire part de sa satisfaction : « Pour commencer, raconte-t-il, la vie à Taïwan peut se résumer en un mot : géniale. » Quant à son lieu d’études : « Le campus est très grand, les moyens mis en place sont considérables et les étudiants et les professeurs travaillent étroitement avec les industries ; il leur est donc possible de fabriquer ce qu’ils conçoivent par ordinateur et leurs projets en deviennent plus intéressants.»

attachment.ashx (3).jpegL’année prochaine, les 5 Ipsaliens sélectionnées pour faire leur projet de recherche sur place partiront mi-février pour une période de 10 mois au total et profiteront des logements établis sur le campus. Ils suivront en parallèle le programme international d’études que NCKU offre dans diverses spécialités, en Master et en doctorat. Les enseignements, à raison de 3h par semaine, seront donnés en anglais, ou bien en anglais et chinois, et ils seront entièrement gratuits.

   

Grande première mondiale. Au salon aéronautique de Berlin, EADS a fait voler mardi 8 juin un avion bi-moteur alimenté par un carburant produit à 100 % à partir d'algue.

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Crédit photo: Billypix

Monsieur Rivère, professeur de moteur et responsable qualité et laboratoires à l'IPSA, revient sur cette avancée technologique.

« Les microalgues ont un intérêt très nettement supérieur à celui de l’agriculture traditionnelle en terme de recyclage du CO2 (gaz carbonique ou dioxyde de carbone, déclaré responsable des dérives climatiques actuelles par « effet de serre »). Brûler les biocarburants actuels, c’est aussi brûler les réserves d’humus, sachant que l’essentiel des matériaux de construction de la matière végétale provient du sol et non du CO2 atmosphérique.

Les biocarburants, tels qu’on les entend actuellement, ne constituent pas des carburants alternatifs au pétrole, par manque de quantité (la surface des terres cultivables est insuffisante et il ne faut pas priver les populations en aliments), par manque de rendement (le carburant produit ne représente que 20 à 50 % de la matière végétale manipulée), et par appauvrissement prévisible des terres cultivables.

Il faut noter qu’actuellement la société raisonne à consommation d’énergie constante (voire croissante, ce qui indique que notre économie est majoritairement de « gaspillage ») sans trop se préoccuper du comment réduire de façon drastique les dépenses énergétiques. Les biocarburants d’origine agricoles sont parfaitement incapables de subvenir aux demandes actuelles d’énergie (à hauteur d’environ 10 %) : seul le pétrole en est capable, mais ses réserves sont limitées (de même que pour toutes les autres matières premières qu’on disperse inconsidérément) et estimées à un demi siècle en ordre de grandeur, au rythme actuel de sa consommation : production annuelle environ 6,5 milliards de tonnes.

Toute matière végétale est transformable en biocarburants (alcools, éthers, huiles et esters) avec des rendements très inégaux (rapport de la masse de carburant produit à la masse totale de matériaux manipulés ou par unité de surface cultivée). »

Pour plus d’information, voir l’article consacré à cet essai dans Le Figaro, ici.

 
 
 

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