Philippe Harache (IPSA promotion 1976) était Vice-Président Exécutif d'Eurocopter et Corporate Vice-President d'EADS jusqu'en juin 2010. Au sein d'Eurocopter depuis sa création, il a multiplié les responsabilités les plus diverses (recherche et développement, marketing filiales, affaires internationales, programmes, communication, stratégie, direction générale...) contribuant à hisser le groupe au premier rang mondial.
Quel est le souvenir le plus marquant que vous conservez de l'époque où vous étiez étudiant à l'IPSA ?
Difficile de conserver un moment en particulier, a fortiori près de 40 ans plus tard ! Si je ne devais garder qu'un souvenir, ça serait la forte personnalité des professeurs et personnels encadrants. Des gens comme Maurice Pradier et Michel Cazin (tous deux co-fondateurs et directeurs de l'école jusqu'en 1987), ou encore messieurs Kotcherian, Carrière et Haman (professeurs à l'école) m'ont durablement marqué. Ils ont su donner à l'étudiant que j'étais une culture technique et de solides bases qui m'ont permis d'entreprendre la carrière qui a été la mienne.
Qu'est-ce que l'on n'apprend pas à l'école ?
Avant de répondre, il faut savoir que la formation à l'IPSA au début des anénes 1970 était très différente de celle de qu'elle est devenue aujourd'hui. Depuis ma sortie de l'école, de nombreuses faiblesses de l'époque ont été corrigées. Par exemple, à l'origine dotée d'un horizon très franco-français, l'école a aujourd'hui une véritable dimension internationale. Cette ouverture s'est faite avec le temps, avec l'évolution des mentalités aussi, et devient un atout primordial.
Un autre aspect auquel je n'étais pas préparé concerne ce que les anglo-saxons appellent les « soft issues ». L'école nous a donné de suffisantes bases techniques, mais lorsqu'il s'est agi de travailler en équipe pour la première fois, je n'étais pas prêt. Là aussi, les quelques enseignements de sciences humaines et sociales dispensés aujourd'hui par l'école, ainsi que les nombreux stages imposés aux étudiants leurs permettent de bien mieux appréhender le monde de l'entreprise et le travail en groupe.
L'évolution des enseignements, leur transversalité, la pratique courante des langues vivantes sont une véritable force pour l'aspirant ingénieur du XXIe siècle.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant de l'IPSA aujourd'hui ?
Il faut qu'il profite pleinement des enseignements qui lui sont dispensés. Cela paraît simple et évident dit comme ça, mais c'est très important. Dans les études, vous vous trouvez encore dans une phase privilégiée de votre vie : le corps enseignant est là pour vous. Leur objectif est réellement de vous transmettre des connaissances et des méthodologies.
Une fois dans le monde du travail, les rapports humains peuvent se révéler plus rugueux et compétitifs. La vie professionnelle peut être très exigeante, loin d'offrir les possibilités d'accompagnement qu'offre l'école. C'est une des raisons pour lesquelles je me suis régulièrement imposé un cycle de formation tous les cinq ou six ans : (ré)apprendre, et recevoir à nouveau, afin de mieux contribuer aux efforts de tous.
Philippe Harache en quelques dates :
2009 : Chevalier de la Légion d'Honneur
2007 : Corporate Vice-Président d'EADS
2005 : Vice-Président Exécutif d'Eurocopter
2004 : Auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale
2000 : Chevallier de l'Ordre du Mérite National
1992 : Diplômé de Harvard
1977 : Diplômé de l'IAE
1976 : Diplômé de l'IPSA
1971 : Plus jeune Pilote Privé de France







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