La carabine posée contre son épaule, le buste en arrière, un bandeau retenant ses cheveux pour ne pas gêner sa vision, Stéphane Hatterer, tout de bleu vêtu et le regard tendu vers sa cible, s'apprête à presser sur la gâchette pour envoyer un dernier plomb gagnant. Stéphane n'est pas issu des rangs de l'école de chasse ni de ceux de l'école de police. Il est étudiant en 3e année à l'IPSA. A 23 ans, le jeune homme se classe 4e au championnat de France universitaire 2011 de tir à la carabine qui a eu lieu du 18 au 20 mars à Bordeaux.

Et comme pour confirmer que la balistique n'est pas si éloignée de l'aéronautique, un peu plus loin, à la 23e place du classement, on trouve Louis Poignant, de 3 ans le cadet de Stéphane, étudiant en 2e année à l'IPSA. Pour lui, le tir est une passion qui remonte à l'enfance. Avec Marie Roy, étudiante à l'université Paris X, Stéphane et Louis formaient l'équipe parisienne. Ces 3 mousquetaires de la carabine sont arrivés ensemble premiers du classement par équipe avec 25 points d'avance sur leurs dauphins aux couleurs de Lyon.

Une belle victoire dans un sport réputé difficile. « Le tir est un sport technique et mental. La condition physique est également essentielle : on est parfois amené à opter pour des positions difficiles pour les muscles ; d'autre part, les armes sont plutôt lourdes - entre 4 et 7.5 kilos -, et les matchs longs - de 1h45 à 5h en fonction des disciplines... », explique Stéphane, obligé de concilier son emploi du temps à l'IPSA avec sa seconde passion, ce qui lui permet quand même de s'entraîner au rythme de 3 séances par semaine et de participer aux compétitions le week-end.
Méconnu du grand public, le tir est pourtant le troisième sport individuel le plus pratiqué au monde. « Le tir est une discipline olympique depuis le début des jeux olympiques modernes. Le tir sportif comprend le tir aux armes d'épaules (carabine, arbalète, fusil...) et aux armes de poing (pistolet, revolver...). En France, la saison regroupe plusieurs championnats déclinant les combinaisons traditionnelles des différentes distances de tir et des divers types d'arme utilisés. », commente Louis. Avec Stéphane, il s'accorde pour dire que le plaisir du tir provient de la réunion 3 éléments : l'exigence technique, le caractère répétitif et le challenge sportif.
Quels sont les projets des deux tireurs ipsaliens pour la suite ? « Je souhaite complètement me rétablir d'une blessure qui me gêne depuis février 2010 - la rupture du ligament croisé antérieur -», explique Louis. Il s'agit ensuite de viser d'autres victoires. « J'ai l'ambition de garder une place dans le collectif France et de continuer à rapporter des médailles. », affirme quant à lui Stéphane.







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